Vierzon. Bientôt une rue Auguste Okolowicz ?

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“Aucune ville peut-être n’a fourni à la Commune de Paris autant de membres que Vierzon”, dit le président Beaudoin, de la cour de Bourges, lors de l’enquête parlementaire sur les événements de la Commune de Paris, le 22 décembre 1871. 
En effet, outre les communards célèbres que sont Édouard Vaillant et Félix Pyat, Vierzon a fourni de nombreux participants et soutiens à la Commune : Auguste Okolowicz et ses frères, Jean-Baptiste Chardon, Eugène Baudin, Armand Bazille, Julien Porcher… 
Auguste Okolowicz - c’est à un républicain un socialiste de l’époque héroïque, un homme à la vie pleine de rebondissements, que l’association des Amis berrichons de la Commune de Paris veut rendre hommage, en proposant à sa ville natale de lui donner le nom d’une rue.

plaque de rue Okolowicz

Auguste Adolphe Okolowicz, musicien, général fédéré pendant la Commune nait à Vierzon-ville le 14 juillet 1838. Il est le fils aîné d’Auguste Okolowicz, maître de musique et de Clémence Canuet, son épouse.

Aîné de la fratrie Okolowicz, Auguste est tout d’abord musicien, chanteur, directeur du casino Cadet, et rédacteur en chef de Paris Théâtre. Il fait la campagne de Crimée, et en 1870 sert pendant le premier siège de Paris à la Légion des Volontaires de la France avec grade de capitaine. Puis il devient ordonnance de l’amiral Pothuau. Il adhère à l'Association Internationale des travailleurs (l’Internationale).

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Le 28 mars 1871, jour de la Proclamation de la Commune, il monte au sommet de la colonne de la Bastille et plante un drapeau rouge ! 

Il est élu, le 24 mars, commandant de son ancien bataillon, le 90e, puis nommé, le 20 avril, sous-chef d’état-major du général Dombrowski après avoir été blessé la veille, à Asnières, à la tête et aux bras. Promu général, il est blessé assez grièvement par l’imprudence d’un de ses amis nettoyant son revolver. Soigné à l’ambulance (hôpital) des Champs-Élysées, il est sauvé de la fusillade des versaillais par son ancien chef, l’amiral Pothuau. 

Il est fait prisonnier et envoyé à la prison de Satory près de Versailles le 18 juillet 1871. Il s’en évade le 29 septembre, déguisé en lieutenant des troupes régulières, grâce à une de ses sœurs. Il se cache deux mois puis gagne la Belgique avec sa sœur et son neveu âgé de six ans. Le 31 juillet 1872, il est condamné par contumace par le 5e conseil de guerre, à la déportation dans une enceinte fortifiée. 

Le 5 février 1874, à peine arrivé à Bruxelles, on lui ordonne de quitter le pays, puis il est autorisé à résider. En juin 1874, il s’installe à Molenbeek-Saint-Jean, et exerce diverses activités commerciales, tapis, porcelaines.
De retour à Paris après l’amnistie de 1880, il dirige une fabrique de porcelaine. 

Auguste Okolowicz meurt à l’âge de 53 ans à Couilly-Pont-aux-Dames (Seine-et-Marne) le 5 septembre 1891. Il est inhumé à Paris au cimetière du Père Lachaise.

- Parmi les communards vierzonnais on connaît Édouard Vaillant et Félix Pyat. Mais Auguste Okolowicz et ses frères, Jean-Baptiste Chardon (élu de la Commune), Eugène Baudin (homme politique et céramiste renommé), Armand Bazille (maire de la ville), Julien Porcher (conseiller municipal et musicien), sont cités dans divers ouvrages… Citons aussi Jean Louis Ancery, Charles Bernadé, Jules Brault, Victor Candelet, Edme Clocher, Émile Chincholle, Paul Cornillet, Charles Gardet, Joseph Greffier, Émile Lacord, Louis Maloger, Georges Métadier, Alexandre Moreau, Hyppolite Reniau, Ernest Rossignol, Sabard, Étienne Simonet etc. Les noms de trente vierzonnais figurent dans un livre à paraître consacré aux communards du Cher qui sortira cet automne pour le 150e anniversaire de la Commune de Paris. 

> Photos, de haut en bas. Auguste-Adolphe Okolowicz. Projet de plaque de rue pour Vierzon. Le général Okolowicz et ses frères, "musiciens soldats”, pendant la Commune - cliquez sur l’image pour l'agrandir. Le livre “La Commune et les communards du Cher” parution à la rentrée d’automne.

> Sources. Archives municipales de Vierzon. Archives départementales du Cher. Le Journal du Cher. Dictionnaire Maitron. 
Le Berry républicain.
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> Lire aussi dans gilblog. Julien Porcher communard vierzonnais.
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