1880, le premier 14 juillet fête nationale et l’amnistie des communards.

1-14 juillet 1880 La République triomphante

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Il n’y aura pas de fête nationale à La Borne cette année à cause de l’épidémie, alors en guise de consolation, gilblog vous offre une page très-très républicaine.… 
Contrairement à ce que l’on peut croire, la fête nationale du 14 juillet ne date pas de la Révolution de 1789. Durant de longues années, on célèbre officiellement le 15 août-”Fête impériale” (et pas fête de l’Assomption), qui est la date anniversaire de Napoléon Bonaparte (on disait aussi à l’époque, non sans une certaine ironie : ”la Saint-Napoléon” !). Il faut attendre la loi du 6 juillet 1880 qui institue le 14 juillet comme fête nationale ! 

Après la défaite de 1870, la destitution de Napoléon III et son régime dictatorial, la révolte de la Commune et sa sanglante répression par Thiers, un parlement  majoritairement royaliste et des tentatives de restauration de la royauté, une certaine stabilité s’installe avec l’arrivée au pouvoir des républicains (rien à voir avec le parti politique qui porte ce nom de nos jours, mais majoritairement conservateurs), et le renforcement de la majorité républicaine aux élections de 1879. Il aura fallu attendre 1875 pour que la Troisième République issue du renversement de l’Empire de Napoléon III le 4 septembre 1870, soit dotée d’une constitution votée par l'Assemblée.

Le parlement aurait pu décider pour célébrer la fête nationale : l’établissement de la République en septembre 1792, ou le jour de l’abolition des privilèges (le 4 août 1789), ou encore la fin de la monarchie (obtenue par la Commune insurrectionnelle et les Parisiens le 10 août 1792). Un peu trop révolutionnaire, tout ça. C’est donc le 14 juillet date de la prise de la Bastille et de la fête de la Fédération (beaux symboles tout de même !), qui est choisi. C’est ainsi que les nouvelles institutions démocratiques et républicaines enracinent la France dans l'héritage de la Révolution. On vient de voir que ce n’était pas gagné !

Mais tous les français ne peuvent pas être rassemblés pour célébrer ce jour, il reste encore des milliers de déportés et proscrits, les communards exilés, considérés comme l’avant-garde de la République en 1871. Après une proposition sans espoir le 13 septembre 1871 par le député berrichon Henri Brisson, et plusieurs années de remise en cause et de débats, l'amnistie (ardemment soutenue par Victor Hugo), est enfin acceptée par le parlement le 11 juillet 1880.

C’est ainsi que le jour du 14 juillet 1880, on peut lire dans le journal Le Siècle un article intitulé ”Les amnistiés”: 
”Feux d’artifice, drapeaux innombrables, guirlandes tricolores, arcs de verdure, fanfares joyeuses, bals, concerts, revue, tout concourt à l’éclat de cette grande fête nationale qui émeut tous les cœurs ; mais le plus bel ornement de cette prodigieuse solennité, celui qui lui donne la vie et l’animation, celui qui lui imprime son plus beau caractère et sa plus haute signification, c’est l’amnistie. Sans elle, la fête du 14 juillet n’eût pas éveillé cet élan universel, ce patriotique enthousiasme. 
Plus de familles en deuil, plus de traces de nos discordes ! Ce qui nous divisa si profondément est oublié, la République entre réellement aujourd’hui en possession d’elle-même, une ère nouvelle commence. Il dépend de nous, de nous seuls, qu’elle soit glorieuse, prospère et féconde”.

Il restera encore bien du travail aux citoyens et aux historiens pour rétablir les faits et réhabiliter la Commune et les communards. Mais ceci est une autre histoire…

> L’illustration de cette page est une espèce d’allégorie. On y voit la République enfin triomphante, coiffée d’un bonnet phrygien (attribut révolutionnaire de la Liberté encore officiellement interdit), présidant à la grande fête du 14 juillet 1880. Regardez bien le voilier en haut à gauche, il n’est pas là pour le décor : c’est le navire La Loire ramenant les déportés de Nouvelle Calédonie fraîchement amnistiés. On peut lire sur la banderole ”Retour des absents”. Les petits personnages en bas à droite sont Jules Grévy (président de la République), Léon Say (président du Sénat), Gambetta (président de l’Assemblée). 


> Sources. Le blog de Michèle Audin qui a consacré quatre articles à l’amnistie des communards. >>> Lien. 
L’Histoire par l’image, pour l’illustration.
>>> Lien.


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