La Commune de Paris, 148e anniversaire  …et les berrichons.

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On entend souvent que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et que la France est un pays plein des avantages que nous distribue l’État Providence (social, santé..). Mais cette affirmation est fausse, tout cela ne nous est pas tombé tout cuit dans le bec ! Au contraire, c’est au prix des luttes de ses citoyens que la France est devenue un pays moderne avec ses progrès sociaux, école gratuite et laïque pour tous, assurance santé, assurance retraite, assurance chômage, libertés publiques, code du Travail... Sans les luttes de nos parents, grands parents et arrière grands parents, nous en serions encore au dix neuvième siècle

Le  dix neuvième siècle, justement, parlons en un peu : après vingt ans sous la dictature de Napoléon III, vient La Commune. La Commune de Paris est le nom donné au gouvernement insurrectionnel de Paris entre le 18 mars et le 28 mai 1871, après la guerre de 1870-1871 contre la Prusse. Le 18 mars 1871, le peuple de Paris, écrasé d'humiliation par la défaite devant les Prussiens, exténué par un siège de quatre mois, se révolte contre une Assemblée nationale monarchiste. La capitale va vivre pendant dix semaines une exceptionnelle aventure, celle d’une municipalité/république indépendante, la Commune. Cette révolution patriotique, républicaine et socialement innovante du dix neuvième siècle ne durera que soixante-douze jours et sera sauvagement écrasée.

La Commune de Paris a été proclamée le 28 mars 1871, il y a cent quarante huit ans. (on célèbrera le 150e anniversaire en 2021). Mais en quoi la Commune de Paris concerne-t-elle les gens du Cher aujourd’hui ? 

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D’abord, tout de même, c’est un berrichon qui a proclamé la Commune le 28 mars 1871 ! Natif de Baugy, il s’appelait Gabriel Ranvier, ça vaut bien un coup de chapeau. Mais d’autres berrichons ont été des communeux de premier plan : notamment Édouard Vaillant, mais aussi Félix Pyat, Charles Gambon et le même Gabriel Ranvier. Et combien de braves gens anonymes ? Parmi eux, Pierre Voyaume, d’Ivoy-le-Pré (ébéniste); Saint-Prix Thuault, de Sancerre (aubergiste); Nicolas Pierre Rufin, de Bourges (galochier);  Rouvet, de Vierzon (scieur de long) “dont la conduite jusqu’à présent n’avait mérité que des éloges”; Auguste Okolowicz, de Vierzon, qui plante un drapeau rouge sur la colonne de la Bastille   le 18 mars 1871; Michel Limousin, de Saint Amand Montrond (jardinier); et tant d’autres… 
Parmi les trente six mille trois cents neuf “communards” arrêtés, le
“Rapport sur les opérations de la Justice militaire relatives à l’insurrection de 1871” du Général Appert en dénombre deux cents dix originaires du Cher (et combien parmi les fusillés sans jugement ?). C’est en pensant à ces anonymes, qu’est venue l’idée de cette page pour leur donner une place dans les mémoires. On le fait pour les poilus de 14/18, alors pourquoi pas pour les communeux ?

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La Commune de Paris est partie d’une réaction à la déroute française de la guerre franco-prussienne de 1870 et au siège de Paris. Après la défaite et la signature d’accords honteux avec l’occupant, le 1er mars les prussiens défilent sur les Champs-Élysées. L’Assemblée nationale décide de s’installer à Versailles plutôt qu’à Paris. Elle supprime la solde des gardes nationaux (30 sous) alors que sévit le chômage. Le gouvernement de Thiers décide de désarmer les Parisiens, il veut leur soustraire les deux cents vingt sept canons installés à Belleville et à Montmartre pour défendre Paris. Des canons que les parisiens considèrent comme leur propriété puisqu’ils les ont eux-mêmes payés par souscription pour se battre contre l'envahisseur ! Les parisiens se sentent trahis et menacés. Ils se voient sans défense contre les Prussiens qui veulent entrer dans Paris.  La population, s'oppose aux soldats venus chercher les canons, elle élève des barricades, fraternise avec la troupe, et s'en prend aux représentants du gouvernement… C’est l’insurrection. Apprenant les événements, Victor Hugo écrit dans son journal : “Thiers, en voulant reprendre les canons de Belleville, a été fin là où il fallait être profond. Il a jeté l’étincelle sur la poudrière”.

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Après la proclamation du 28 mars, la Commune va ébaucher pour la ville une organisation proche de l’autogestion, imprégnée des idées socialistes de l’époque. En voici quelques exemples. 
Remise des loyers. Suppression du travail de nuit chez les boulangers. Interdiction des amendes et des retenues sur salaire dans les ateliers et les administrations. Décrets contre la hausse des prix. Moratoire sur le mont-de-piété, possibilité de retrait gratuit des petits objets.
Enseignement obligatoire, laïque et gratuit avec intégration de l'instruction professionnelle. Recensement des fabriques abandonnées pour être transmises à des coopératives ouvrières. Création des futures Bourses du travail. Élection et révocabilité de tous les responsables dans l’administration, la justice, l’enseignement et la Garde nationale. 
Enfin, la Commune ordonne la séparation de l'Église et de l'État, instituant la laïcité trente quatre ans avant le vote du parlement de la troisième République. Et, dix ans avant Jules Ferry elle instaure à Paris l'éducation gratuite et obligatoire... 

Comme on le voit, la Commune de Paris, est un événement majeur de notre histoire, aux résonances toujours actuelles. Mélange de patriotisme, de justice sociale et d’utopie, où le peuple (la populace tant haïe par les notables de l’époque), prend les rênes. Ce “mauvais exemple” est donc occulté et méconnu par l’histoire officielle qui s’est longtemps satisfaite de la version haineuse des “Versaillais”. Ajoutons qu’à l’époque, les conservateurs ne faisaient pas de cadeaux, et que la répression ordonnée par le gouvernement de Versailles fut sanglante et massive (d’où son nom de “semaine sanglante”). Le paradoxe de cette répression est que la République qui succède à la dictature de Napoléon III, s’impose en écrasant férocement un mouvement populaire, socialiste et républicain !

Quelques années après, en 1880, le parlement votera une amnistie, mais pour les fusillés sans jugement (quinze mille au moins) et les sept mille cinq cents déportés en Algérie et en Nouvelle-Calédonie, il est bien tard

> L’association ki-6-col annonce d’autres conférences avec Michel Pinglaut, président des “Amis berrichons de la Commune”. La prochaine se tiendra à la maison des associations Marguerite Renaudat, 28 rue Gambon à 19h30, salle Alain Fournier, le  mercredi 26 juin 2019. Entrée libre. D’autres devraient suivre à l’automne 2019.

> Comité berrichon des Amies et amis de la Commune de Paris 1871. 15, avenue Louis Billant, 18800 Villabon. Site web : https://vaillantitude.blogspot.com  
> Association des Amies et Amis de la Commune de Paris-1871, 46, rue des 5 diamants 75013 Paris. Tél : : 01 45 81 60 54. Courriel :
amis@commune1871.org. Site Internet: http://commune1871.org/

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